Super 8 vs Attack the Block

Deux invasions Alien. Deux films-hommage

Ender's game

"We aren't just ordinary children, are we ? None of us."

Des fleurs pour Algernon

"Je savez pas que les souris été aussi un télijente"

Ce qu'ils en pensaient à l'époque (1)

Star Wars (1977)

Ben Bova et les planètes du Grand Tour

Les Ben viennent de Mars et les Bova de Vénus

27 janv. 2011

Posted by Yann On 1/27/2011 10:03:00 PM 2 tête(s) de smeg !

Au-delà

La carrière de Clint Eastwood a quelque chose de fascinant. Associé au personnage de l’Homme sans nom, puis taxé de fascisme avec son personnage de Harry Callahan, il devint un réalisateur/acteur de films purement populaires (Doux, dur et dingue ; Pale Rider ; Firefox) avant d’entrer dans une période crépusculaire (Impitoyable ; Mystic River…) où il atteint une nouvelle génération en plus d’être respecté par les journalistes et le monde du cinéma. Après avoir culminé avec Gran Torino (magnifique synthèse de toute sa carrière), il obtient une douche froide avec les sorties coup sur coup d’Invictus et de ce Au-delà (Hereafter). S’il est vrai que la mièvrerie du film sur Nelson Mandela était déroutante, son dernier essai est pourtant fascinant et maitrisé dans l’écriture et le montage.

Hereafter suit la vie de trois personnages touchés par la mort de plusieurs façons : une journaliste française ayant vécu une expérience de mort imminente pendant le tsunami de 2004, un médium Américain et un jeune garçon anglais venant de perdre son frère jumeau. Plutôt qu’une œuvre chorale, Clint Eastwood préfère filmer un long-métrage fascinant, prenant son temps sur chaque personnage indépendamment les uns des autres. Ainsi, tels trois cours-métrages imbriqués, les trois vies se déroulent sans jamais se toucher. Et ce n’est qu’à la toute fin que les personnages se rencontreront, permettant à Eastwood de nous parler de sa vision du deuil.

En effet, si l’on regarde attentivement, on remarquera que les protagonistes perdent pied avec leur entourage et s’isolent. Ce n’est qu’en accomplissant un lien avec l’autre qu’ils « guériront », feront leur deuil et trouveront un sens à leur vie. Deux images viennent appuyer ce principe. Celle d’un Matt Damon tendant les bras à la perpendiculaire pour choisir qui « suivre », et la toute dernière dont on voit la signification quelque secondes avant. De plus, les séquences associées aux personnages sont de plus en plus courtes, Clint Eastwood montrant subtilement la rencontre prochaine via un décompte de plus en plus rapide.

Ajoutez à cela une poésie par l’image (la première séquence, les passages dans l’au-delà) et des séquences profondément émouvantes (surtout avec le personnage de Bryce Dallas Howard) et vous obtiendrez un excellent film (malgré les scènes à Paris, parfois un peu déroutantes).

9/10

17 janv. 2011

Posted by Fabien On 1/17/2011 05:10:00 PM 2 tête(s) de smeg !

Machinarium


A l'heure où le marché du jeu vidéo est de plus en plus dominé par les gros blockbusters d'action, quelques petits studios résistent encore et cherchent à faire revivre le Point & Click, genre ayant connu ses heures de gloire il y a quelques années, en particulier grâce au studios Lucas Art (Day of the Tentacle, Sam & Max hit the Road, Full Throttle...) et se faisant malheureusement fort rare désormais...
Machinarium, sorti en 2009, a été développé durant 3 ans par le studio tchèque Amanita Design, studio composé de sept développeurs ayant financé le jeu par leurs propres moyens.
Il s'agit d'un Point & Click très traditionnel dans la forme, permettant au joueur d'incarner un personnage évoluant au milieu de décors en 2D, de ramasser des objets, de les combiner, d'interagir avec tout et n'importe quoi et, surtout, de se creuser la tête sur des énigmes tordues ainsi que sur des mini-jeux divers et variés.

Machinarium raconte l'histoire de Joseph, un petit robot abandonné dans une décharge par une bande de malfrats ayant fait main basse sur la ville. Joseph devra devra donc déjouer leurs plans tout en recherchant sa petite amie.

Ce qui frappe en premier lieu dans Machinarium, c'est le soin extraordinaire apporté aux graphismes. Le robot évolue au milieu d'une ville aux teintes pastels entièrement dessinée à la main, à la fois simpliste et ultra-détaillée et possédant un charme énorme. La BO, composée de musiques électroniques très aériennes et pleines de petits bruits métalliques, s'accorde parfaitement à l'univers et contribue à rendre l'ensemble immersif.
Les personnages ne sont pas en reste et on s'attache immédiatement à notre petite boîte de conserve sur pattes, déambulant en ville à la recherche de sa copine et rencontrant toutes sortes de robots étranges. Cet attachement est renforcé par le fait que le jeu ne comporte absolument aucun dialogue, ceux si étant remplacés par des sons et des petites animations simplistes.

Le jeu propose un mélange équilibré d'aventure et de mini-jeux (Space Invader, morpion, puzzles et autres casses têtes...) rendant l'ensemble très varié, agréable et ludique. Un système d'aide a également été mis en place afin d'éviter toute frustration due à une énigme un peu trop tordue; le joueur peut demander un indice le poussant sur la bonne voie sans lui en dire trop ou, si besoin, pourra accéder à une soluce sous forme de story-board, mais pour cela il faudra sortir vivant d'un mini shoot'em up !

Seul point négatif du soft, sa durée de vie assez faible, d'autant plus que l'univers et les personnages sont tellement attachants qu'on aimerait passer un peu plus de temps en leur compagnie.

Machinarium est un véritable petit bijou, un jeu simple mais touchant, à l'ambiance unique, aux personnages attachants et à l'univers merveilleux...

Romain aurait sans doute conclu par: "c'est plus qu'un jeu vidéo, c'est une expérience à vivre" et je ne peux que lui donner raison.



A noter que le jeu, trouvable pour un petit prix, comporte également un poster et le CD de la BO !
Sympa, non ?

Et pour ceux qui voudraient essayer, voici une démo jouable sur le net, sans installation nécessaire, mais avec quelques temps de chargement absents du soft: http://machinarium.net/demo/

Bon jeu !

11 janv. 2011

Posted by Yann On 1/11/2011 08:35:00 PM 1 tête(s) de smeg !

Asterios Polyp


David Mazzuchelli s'était fait remarquer à la fin des années 80 en illustrant Batman: Year One et Daredevil: Justice Aveugle sur des histoires de Frank Miller. Il avait ensuite très vite délaissé l'univers des super-héros pour se pencher sur des projets un peu plus personnels comme l'adaptation de Cité de Verre, le célèbre roman de l'auteur new-yorkais Paul Auster et surtout son Big Man qui nous avait déjà laissé entrevoir tout son talent en 1998.
Et depuis, plus rien. Mazzuchelli se consacrait depuis maintenant 12 ans à l'enseignement de la bande dessinée. Son parcours atypique et ses précédents travaux nous laissaient entrevoir un homme cultivé et talentueux, mais rien ne nous avait préparé à recevoir Asterios Polyp, véritable chef-d'oeuvre du neuvième art...


Asterios Polyp nous raconte l'histoire du personnage éponyme, un architecte théorique (aucun de ses travaux n'a jamais été construit) qui enseigne à l'université (David, c'est toi ?), qui voit le monde en binaire (il pense toujours en termes de dualité) et plus particulièrement de sa rencontre avec Hana, une jeune artiste qui deviendra sa femme (puis son ex-femme) à qui tout l'oppose mais qui va changer sa vie.

À partir de cette histoire toute simple et maintes fois contée, Mazzuchelli nous délivre une oeuvre qui pourrait bien représenter à elle seule la quintessence de la bande dessinée. Avec son style épuré à l'extrême (il n'utilise que 3 couleurs), le génial auteur utilise tous les outils à sa disposition, tous les codes de son art, pour tenter (et réussir) de nous livrer une radiographie de l'Humain dans toutes ses contradictions et des relations humaines dans ce qu'elles ont de plus beau et de plus complexe.
Le style est donc épuré, le texte est aussi simple que l'histoire, mais Mazzuchelli parvient pourtant à nous livrer une œuvre d'une immense richesse dont il est impossible de saisir toutes les nuances en une seule lecture. Tout passe par le dessin et par le découpage des planches. Chaque personnage à son propre style graphique, depuis ses traits jusqu'à ses couleurs en passant par le design de ses bulles ou sa typographie, tous les êtres qui parcourent la vie d'Asterios sont uniques et point besoin de décrire les émotions lorsqu'il interagit avec ceux-ci puisque, là aussi, tout passe par le dessin. L'exemple le plus frappant est sans aucun doute celui de sa première rencontre avec Hana, le style angulaire, géométrique et bleu d'Asterios se confronte à celui brouillon, hachuré et rose d'Hana. Mais, au fur et à mesure que la conversation se déroule, les deux styles fusionnent pour finir par ne faire plus qu'un, et là, Mazzuchelli a tout simplement réussi quelque chose d'immense, il vient de dessiner l'Amour !

Et ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, mais je n'ai pas envie d'en dévoiler d'avantage pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas encore eu l'occasion de mettre la main sur ce chef-d'œuvre. On pourrait disserter des heures sur la profondeur de l'œuvre, sur l'importance de chaque minuscule détail qui nous paraissent souvent anodins mais qui se révèlent tous capitaux. Et tout devient encore plus limpide lors de la seconde lecture.

Asterios Polyp s'impose comme une œuvre majeure, une oeuvre qui fera date tant elle représente fondamentalement ce qu'est la bande dessinée en tant qu'art, jamais auparavant on n'avait vu une telle osmose entre le fond, la forme et le médium.




Mathieu